Vous attaquez votre 3e semaine de confinement et, malgré le confort de votre foyer et, peut-être la proximité de vos proches, vous avez l’impression que les murs se resserrent sur vous et vous procurent un sentiment d’étouffement et de lassitude ?
Alors c’est le moment de lire les conseils que des vétérans du confinement ont prodigués à l’AFP, il y a quelques jours. Et quand on parle de spécialistes du confinement, il faut avouer qu’ils ont payé pour qu’on puisse donner de la valeur à leurs paroles…
Le premier est Mario Sepulveda. Il était l’un des 33 mineurs chiliens qui, en 2010, étaient restés 69 jours à plus de 600 mètres sous terre, suite à un éboulement dans une vieille mine de cuivre du désert d’Atacama. Il fut le dernier à être secouru et à sortir de ce qui aurait pu être leur tombeau. Pour lui, le principal conseil est « Ne baissez pas les bras : le sens de l’humour est très important. Mettez de l’ordre chez vous. Mettez en place une routine pour ne pas vous ennuyer. Il y a beaucoup de choses à faire ! »
Il insiste aussi sur le fait d’obéir aux consignes de confinement : « Soyons obéissants, c’est super important ! Il ne s’agit pas d’un problème politique, mais d’un problème de santé ! »
L’un de ses camarades de l’époque, Luis Urzua, insiste quant à lui sur la solidarité : « Nous étions dans une situation assez critique et grave. Nous n’avions aucune issue. Il n’y avait pas manière de nous sortir de là. Nous avons fait preuve de beaucoup de camaraderie, nous avons beaucoup discuté. Nous avons découvert le travail et les tâches des autres camarades. Prier est une autre chose qui nous a beaucoup aidés. »
Le deuxième témoin est, quant à lui, à un drame qui s’est déroulé le 13 octobre 1972. Carlos Paez fait partie des « survivants des Andes », l’un de ces 16 rescapés de l’avion qui s’était écrasé dans les Andes, avec 45 personnes à bord, membres d’une équipe de rugby universitaire. Ils avaient passé 72 jours dans la neige et avaient du vivre d’horribles choses pour rester en vie.
Pour lui, les deux quarantaines sont différentes, déjà par leurs conditions assez dissemblables : « Il y a une grande différence entre ces deux quarantaines, pour les appeler ainsi. Celle que j’ai vécue, ce furent plus de 70 jours dans la Cordillère des Andes mais sans aucune ressource : moins 25 degrés, pas de nourriture, avec neuf morts autour de nous, en altitude, sans radio ni autre moyen de communication. Et j’avais 18 ans. » Et du coup, il a un regard presque tranquille sur le confinement actuel : « La seule chose à faire… c’est ne rien faire ! On te dit de rester chez toi et de te laver les mains. Et tu as toutes les commodités : la télévision, internet et à manger. Il n’y a pas de quoi se plaindre » juge ce survivant de 66 ans.
Mais il n’empêche que, pour lui, l’ennemi n’est pas le même, et ce fichu virus serait presque plus inquiétant car impalpable : « Dans la Cordillère, nous nous battions contre un ennemi tangible, la montagne, la neige, le froid et, à présent, nous nous battons contre un ennemi invisible, ce qui génère une certaine inquiétude. » Et les meilleures armes pour Carlos Paez, pour lutter contre cet ennemi, est l’humilité et l’obéissance : « J’essaye d’être humble et d’obéir. Le message est clair : reste chez toi et lave-toi les mains. C’est simple. J’essaie d’être obéissant car j’ai envie de vivre. »
Pour finir, l’un des autres survivants du crash, Roberto Canessa, insiste sur le fait de s’occuper l’esprit, « trouver quelque chose à faire, un projet ». C’est ce qu’il a fait dans les Andes pour ne pas devenir fou : il travaillait « toute la journée pour ne pas penser et pour ne pas ressentir l’anxiété ».
Comme on dit… « Y a plus qu’à… » !
Bon courage à tous, patience, restez à l’abri… et si vous êtes en parfaite santé, dîtes-vous que ça pourrait être pire que d’être coincés à la maison !
Source : AFP