Vila Nova Esperança, la favela verte de Sao Paulo

Ruelles défoncées, maisons inachevées, capanés éventrés trônant en plein air, processions de sacs plastique menées par le vent... Vila Nova Esperança ressemble aux 1650 favelas du grand Sao Paulo. A ceci près que cette favela qui domine la forêt Atlantica a la chance d'avoir en son sein une femme exceptionnelle de 57 ans, Lia de Souza, qui a choisi d'aider les habitants pour les guider vers l'autogestion.

Arrivée en 2003 dans cette favela pour fuir un mari violent, elle s'est immédiatement investie dans la communauté de Vila Nova Esperança pour améliorer le quotidien de la population. Et si elle s'est rapidement heurtée aux autorités locales et a dû lutter contre les avis d'expulsion et les menaces, elle a finalement tenu bon pour être aujourd'hui et depuis 10 ans incontournable dans la survie du quartier.

"Quand je suis arrivée à Vila Nova Esperança, il n'y avait rien !" dit-elle, "Aujourd'hui, nous avons un théâtre, une bibliothèque pour apporter la culture aux habitants, une cuisine communautaire, un lac où les enfants peuvent se baigner..." Et, surtout et suite à l'impulsion de celle qu'on appelle "Lia l'Espérance", la favela a maintenant un potager où les habitants peuvent cultiver leurs propres fruits et légumes. Épices, plantes médicinales et fleurs, tout pousse sur la parcelle de culture biologique, car ici règne l'éthique de la permaculture, et la favela se fait fort de respecter l'environnement et les hommes, en fondant son activité sur l'autosuffisance et le partage.

Que ce soit la construction d'une ludothèque, d'une retenue contre les glissements de terrain ou d'un vivier de tilapias (pour lutter contre la dengue), Lia et son équipe de bénévoles (dont Rodrigo Calisto, un ingénieur civil qui lui prête main forte) ne cessent d'améliorer les infrastructures et la vie des habitants, mais si elle déplore le manque d'implication de ses voisins : "Notre idée c'est de semer tous ensemble, et de partager les récoltes. Mais les habitants ne veulent pas planter !". Mais il en faut plus pour miner le moral et l'enthousiasme de Lia et de ses volontaires : "Ça va être dur, mais on ne va pas s'arrêter de travailler".

Plusieurs fois primée pour ses actions et ses résultats, la favela de Vila Nova Esperança doit surtout son énergie à un bout de femme qui lutte chaque jour dans le but d'offrir à ses voisins de nouvelles perspectives, car "c'est bon de travailler pour rendre ce monde meilleur" dit Casimiro Santos, l'un des habitants du quartier et fidèle soutien de Lia.

Source : AFP