Dire que le confinement a changé beaucoup de choses est un euphémisme… Depuis deux semaines maintenant, et même si nous restons cloîtrés chez nous, nous ne pouvons manquer de constater ou d’apprendre que ces quinze jours de quasi-arrêt des transports ont des conséquences notables sur l’environnement.
Ainsi, dans une étude du 26 mars, le centre d’évaluation technique de l’environnement sonore Bruitparif a rendu un verdict lapidaire : « avec le confinement décrété en raison de l’épidémie de COVID-19, un silence inhabituel a envahi l’Île de France et notamment sa zone urbaine dense. »
Clair, net, précis !
Et d’expliquer : « La raison en est simple : la très forte baisse des émissions sonores d’origine anthropique en lien avec la diminution drastique des trafics routiers, aérien et même ferroviaire, l’arrêt des chantiers et la fermeture de nombreuses activités et lieux festifs (bras, restaurants et établissements diffusant des sons amplifiés) ».
Les 150 stations de mesures de Bruitparif ont ainsi constaté que non seulement le bruit généré par la circulation routière chutait progressivement au fil des jours de confinement, les appareils de mesure situés le long des axes routiers enregistrant des baisses moyennes de 3 dB (décibels) dès le mardi 17 mars, puis de 5 db et enfin de 7 db le week-end des 21 et 22 mars, par rapport aux valeurs habituelles, soit des baisses allant jusqu’à 80% des émissions sonores générées par la circulation routière. La nuit, la diminution peut même représenter 90% du niveau sonore habituel dans Paris intra-muros, où les baisses sont bien entendu les plus spectaculaires.
Mais les niveaux sonores liés à la circulation routière ne sont pas les seuls à subir une diminution spectaculaire, il en va de même pour les nuisances sonores aéroportuaires (- 10 db) ou encore ferroviaires (jusqu’à - 7 db), les quartiers habituellement animés (jusqu’à – 20 db !!!) et les quartiers en chantier (- 20 db).
Associée à la chute de la pollution atmosphérique, la diminution de la pollution sonore a considérablement modifié le visage de la capitale, et il est même désormais possible de percevoir clairement le chant des oiseaux ou le bruissement des feuilles dans les arbres, petits délices de la nature habituellement masqués par le bruit incessant de la circulation.
Encore une fois, il est bien dommage que nous ne puissions sortir pour profiter de ces conditions inédites, mais persisteraient-elles si nous pouvions le faire ? Si ces conditions sont liées au côté exceptionnel de la cessation des activités humaines, comment pourrions-nous faire en sorte pour qu’elles deviennent pérennes malgré notre retour aux affaires ?
C’est la question que nous aurons à nous poser dans quelques semaines, si tant est que l’amnésie ne nous frappe pas et ne nous renvoie pas aveuglément dans les bras confortables de notre vie « d’avant »…
Bon courage à tous, patience, restez à l’abri… et profitez tout de même du silence et du chant des oiseaux, à Paris, Lyon, Marseille ou Lille, depuis votre fenêtre, votre balcon ou votre terrasse !
Source : Bruitparif