Décidée par le Président Macron, la Convention citoyenne pour le climat (CCC) est une expérience démocratique inédite en France. Composée de 150 citoyens âgés de 16 à 80 ans, tirés au hasard et représentant la diversité de la société française, cette assemblée a pour mandat initial de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (prenant l’année 1990 pour base) en privilégiant un esprit de justice sociale.
Mais face à la question « comment sortir de la crise sanitaire et préparer un meilleur monde post-coronavirus », la Convention citoyenne pour le climat a souhaité y mettre son grain de sel…
Ainsi, réunis en session exceptionnelle en visioconférence, les 150 membres ont débattu et voté 50 premières mesures qui ont été transmises à Emmanuel Macron dès le 9 avril. Ces propositions qui seront complétées et validées en session plénière après le déconfinement.
Si l’ensemble des propositions n’a pas été publiée, les 4 grands axes d’actions proposés par la Convention ont toutefois été communiqués :
1) Placer la crise climatique au cœur de l’Après-Coronavirus
La CCC n’a pas oublié le point central de son mandat, et a mis la crise climatique au cœur du débat de « l’après », insistant sur le fait que « la sortie de crise qui s’organise sous l’impulsion des pouvoirs publics ne soit pas réalisée au détriment du climat, de l’humain et de la biodiversité ». Au moment où la sortie de confinement fait déjà débat et divise le pays, cette mise en garde a le mérite de recentrer les discussions. Parmi les mesures fortes proposées par la CCC sur la question de la crise climatique, on retrouve la proposition d’un plan d’investissement pour les transports en commun (obligation et augmentation de la prime de mobilité durable, augmentation des montants du fonds vélo et interdiction de l’accès aux centres-villes des véhicules les plus polluants), une meilleure régulation voire une interdiction de la publicité pour les produits hautement carbonés pour « mettre fin à la surconsommation », et enfin la rénovation énergétique obligatoire des bâtiments d’ici 2040 et le lancement de la lutte contre l’étalement des villes.
2) Construire les bases d’une nouvelle société
Pour la CCC, « la stratégie de sortie de crise devra porter l’espoir d’un nouveau modèle de société, un modèle économique et sociétal différent, plus humain et résilient face aux futures crises », une idée qui s’est répandue très vite face à l’ampleur de la pandémie. Afin de mettre en œuvre cette société de demain, les 150 membres de la convention proposent de réduire la dépendance de la France aux importations, de favoriser l’emploi en France, et enfin réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’appuyant sur les effets positifs inouïs du confinement liés à la réduction des déplacements des Français et à leur proactivité dans ce domaine, dès les premiers jours. La Convention souhaite aussi un plan d’investissement pour l’agriculture avec priorité donnée aux circuits courts, avec la création de fermes municipales et de plateformes de regroupement de productions.
3) Repenser les relations internationales
Loin d’un souhait de « repli national », la Convention citoyenne pour climat milite pour une internationalisation des mesures à prendre et une obligatoire harmonie dans les démarches, avec en filigrane un espoir fort pour que l’Europe joue un rôle majeur dans cette mondialisation des régulations et des solidarités internationales.
4) Prendre des décisions en impliquant les citoyens
La CCC souhaite voir en l’extraordinaire élan d’initiatives solidaires nées du confinement et en la réaction des Français face à l’épidémie la preuve de l’esprit de responsabilité des citoyens… et la nécessite de plus les investir dans les décisions à prendre : « La participation citoyenne est essentielle. C’est le moment idéal d’écouter et de prendre en compte les remarques des citoyens pour la construction d’une société future. » La Convention propose ainsi la mise en place de mini-conventions citoyennes pour le climat « pour élaborer collectivement des propositions concrètes pour l’environnement dans nos villes, nos campagnes, nos quartiers, nos régions ».
Autant d’axes de réflexion et de propositions de mesures qui donnent envie de croire à un « monde d’après » différent, mais qui risquent fort de se retrouver très vite passés au tamis des réalités et des vieux réflexes politiques et économiques et, nous verrons alors quel « après » on nous proposera de construire…
Source : wedemain.fr