Que va piano va sano : adoptez la "slow attitude" !


Le tempo libéral alimente depuis plusieurs décennies maintenant la course effrénée à l’argent, à la productivité, à la consommation, à la propriété… Vivre vite, intensément, ne prendre quelques minutes que pour témoigner de son mode de vie « bien booké » sur les réseaux sociaux et assurer ses « amis » qu’on ne déroge pas à son cycle infernal, en une compétition un peu folle, au triple galop, qui ressemble plus à une fuite en avant qu’à autre chose.

En réaction à cette spirale infernale qui ne fait que s’emballer, le mouvement « slow » a vu le jour dès les années 80 (en une première réaction prémonitoire à la mode du « fast »), et prône pour sa part la lenteur, la décélération comme traitement pour mieux vivre notre temps, mieux y « réfléchir » aussi plutôt qu’y « réagir »…

Le magazine en ligne Kaizen, « explorateur de solutions écologiques et sociales », propose dans un récent article 10 conseils pour ralentir sa vie, l’adoucir, l’alléger… mais aussi lui donner un autre sens ! Un rythme plus « slow » et, finalement, de plus en plus à la mode, puisque même les responsables de santé sont de plus en nombreux à le promouvoir.

Un autre tempo pour voir sa vie autrement, prendre justement le temps de lui (re)définir un sens : « il ne s’agit pas de tout faire lentement mais plutôt de donner le temps qu’il faut à chaque chose, d’être « en conscience » avec ce que nous faisons ». Ralentir, c’est aussi l’occasion d’intérioriser tout restant à l’écoute des autres, en éveil…

Et si prendre le temps, oser ralentir et adopter la slow attitude était une des clés du bonheur ?

Voici 10 propositions de pistes de Kaizen pour vous lancer :

Je me débranche

La connexion permanente étant l’un des moteurs du rythme infernal que l’on s’impose, « se débrancher » est l’un des premiers gestes salvateurs à adopter : réduire son temps de connexion, se donner le droit de ne pas être accessible à toute heure et minute de la journée et, plus que tout, perdre l’habitude de répondre aux sollicitations immédiatement.

Je me concentre sur une tâche à la fois

Au moins une fois par jour, prendre le temps (une heure, par exemple) de porter toute sa concentration sur un sujet et un seul : un dossier, un problème, une idée : « La force du présent, c’est de pouvoir se concentrer sur une action au moment où je la mène. »

Je laisse à mes enfants du temps pour jouer

Plutôt que de les placer dans un tourbillon d’activités, pour les occuper et pour vous libérer du temps afin de vous adonner de votre côté à votre maelstrom de « choses à faire », laissez vos enfants jouer sans but et sans cadre précis, cette liberté développera leur univers propre, diminuera leur anxiété, augmentera leur créativité et renforcera leur santé émotive.

Je favorise l’échange et la collaboration

Plus que de vous isoler pour « ne rien devoir à personne » et surtout « ne pas montrer d’éventuel signe de faiblesse », favorisez l’adage « le bonheur est dans l’échange », quelle que soit l’issue de l’échange : vous pourrez en tenir compte ou pas, revoir votre position ou pas, mais en tous cas vous l’aurez enrichie d’un regard plus collectif et d’une hauteur qui vous permettra peut-être de modifier votre point de vue.

J’investis une partie de mon avoir dans l’épargne citoyenne locale

Même si la pensée et l’action collectives sont des valeurs mises à mal par notre époque, adhérer à un projet d’épargne citoyenne permet déjà de donner une utilité à votre argent et de relocaliser l’économie. Si vous ne participez pas à la « course à la propriété de biens », alors vous pouvez faire fructifier votre argent différemment… que ce soit dans une société mixte d’économie locale ou dans une fondation.

Je fais mon pain

Pratique remise au goût du jour avec le confinement, et presque « redevenue à la mode », faire son pain permet de créer de ses doigts, revenir aux fondements de votre alimentation tout en produisant quelque chose de bon et de sain. Reprendre le contrôle de ce vous mangez…

Je m’autorise à ne rien faire

S’autoriser à goûter au temps qui passe n’est pas une incitation à lambiner ! Mais regarder par la fenêtre, penser, méditer, écouter les sons de la nature ou de votre appartement donnent une valeur au temps présent, et vous permet de redécouvrir des centaines de petites choses que vous aviez oubliées…

Je m’autorise à ne pas penser à demain

Surtout en cette période troublée aux lendemains incertains, le « Carpe Diem » d’Horace pourrait être un mantra salvateur : « Que l’âme trouve sa joie dans le présent et prenne en haine l’inquiétude du futur ». Être heureux, ici et maintenant, pour peu qu'on limite raisonnablement ses désirs…

Je « 10-10 » avec ma ou mon partenaire

S’accorder 10 minutes, chacun à tour de rôle, sans s’interrompre. Chacun évoque ses petits bonheurs, ses difficultés, ses peurs, ses rêves, ses souhaits. L’autre les intègre, les répète. Et les rôles s'échangent...

Je raconte des histoires à mes enfants

Accorder à ses enfants le temps d’une histoire, courte ou longue, drôle ou sérieuse, imaginaire ou réelle, les aide à éveiller leur imagination, leur capacité de créativité er renforce vos liens avec eux.

Des propositions dont le confinement peut être, finalement, le terreau fertile… puisque ce qu'il nous offre, en plus d'une protection contre l'épidémie, c'est beaucoup de temps.

Source : Kaizen