Une marque bretonne recycle les bouteilles en plastique pour créer des vêtements


Dans les Côtes d’Armor, en Bretagne, Valentin et Marion ont créé la marque Kokozenn qui a le grand mérite de faire d’une pierre deux coups : aider à nettoyer les océans et recycler les bouteilles en plastique récoltées pour en faire… des vêtements !

C’est Valentin qui, alors engagé dans la marine nationale, a eu cette idée en constatant le catastrophique état des océans et la prolifération des bouteilles et déchets en plastique, qui mettront des siècles avant de se désagréger. De retour sur terre, et avec Marion comme associée, ils ont alors tous deux exploiter cette idée géniale de nettoyer les océans tout en créant une ligne de vêtements issue de ce travail de nettoyage.

Désireux dans un premier temps d’utiliser Kokozenn pour sensibiliser le public sur l’écologie et le respect de la nature, ils se sont malgré eux retrouvés confrontés au monde du textile, de sa forte concurrence et des prix cassés. Ils ont donc choisi de limiter leur ligne à quelques produits phares (tee-shirts, sweats) très reconnaissables pour servir de vecteur de communication à leur démarche, tout en s’imposant des limites pour ne pas « tomber dans le tourbillon des modes et des saisons ». Après avoir trouvé un fournisseur de textile éthique et de très bonne qualité, ils se sont lancés dans la confection avec, comme base de leur business, que celui-ci finance d’une manière ou d’une autre le nettoyage des plages et des océans. C’est ainsi qu’une collaboration est née avec Surfrider Foundation Europe (qui œuvre pour la protection des océans et du littoral) qui reçoit 2% du chiffre d’affaire de Kokozenn.

Mais Valentin et Marion ne se contentent pas de cet engagement pour apurer les plages, et ils ont très vite lancé leurs propres collectes de déchets sur les plages, récoltant en 2019 plus de 800 kilos de déchets plastiques, avec l’aide d’amis et d’abonnés. C’est ainsi que le premier produit Kokozenn, un bracelet 100% issu des déchets plastiques matins, a vu le jour l’été dernier.

Développant encore leur démarche, ils travaillent à leur nouvelle chaîne de confection : « Nos nouveaux produits seront 100% recyclés : 50% coton recyclé / 50% PET recyclé (plastique de bouteille) à partir de coton destiné à être jeté et des bouteilles en plastique usagées provenant d’Europe en majorité ». Malgré leurs nombreuses démarches auprès des acteurs du textile français, ils se verront contraints, pour « proposer une solution alternative accessible au plus grand nombre », d’aller chercher le fil en Espagne et de le faire tisser au Portugal pour pouvoir l’utiliser à la confection des vêtements. S’ils ne se satisfont pas de cette solution d’externalisation qui « n’est pas encore la solution idéale », ils savent toutefois qu’il va falloir en passer par là pour pouvoir continuer l’activité, tout en encourageant leurs « clients à choisir l’industrie de seconde main dans l’idéal ».

Mais le vrai point négatif de cette méthode reste le PET recyclé : « En effet, comme toute matière textile (même naturelle), une infime partie de micro-particule est perdue à chaque lavage et est très difficile à filtrer. Il existe tout de même des solutions que nous nous efforcerons de présenter à nos clients. Certains entreprises commencent à proposer des matières recyclées avec 70% de coton et continuent de travailler sur des prototypes pour atteindre la prouesse technique de textile en coton 100% » Et pourquoi pas une collaboration avec Carbios, l’entreprise qui a inventé le recyclage du plastique à l’infini ? Voilà enfin un interlocuteur français qui pourrait les aider !

En attendant que Kokozenn trouve le bon partenaire, Valentin et Marion ont besoin de développer leurs ressources financières car, après un an d’existence et plus de 500 produits vendus, ils n’ont pas encore pu asseoir leur situation professionnelle et se dégager de salaires. Même s’ils priorisent avant tout la viabilité du projet ! Ils ont donc lancé une campagne de financement participatif pour leur permettre de passer à l’étape suivante.

Même si les obstacles sont encore importants pour pérenniser Kokozenn, leur principal objectif est « de réussir à sensibiliser le plus de personnes sur le fait que chaque acte a une conséquence. Et que cette conséquence, c’est souvent une mer plus sale. En 2020, il est tout simplement inconcevable de voir une personne jeter un mégot ou un papier par terre… […] Même si nous essayons de vider la mer avec une cuillère, nous continuons de penser que lorsque nous serons des millions, ça finira peut-être par payer. »

Le principe du colibri si cher à l’équipe de CAPSAO !

Source : PositivR