Antonio et ses amis ont entrepris de faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle cet été. D’origine espagnole, lyonnais, Antonio a chaussé ses chaussures de marche et à parcouru 300 km en une semaine ! Un effort physique pour un bien être personnel. INTERVIEW CAPSAO
« Bonjour, je vous écris car j’ai fait un bout du chemin de St-Jacques de Compostelle et j’aimerai le partager avec vous ! » écrit Antonio à l’attention de CAPSAO. Un partage et un échange qu’Antonio a lui-même vécu pendant une semaine sur la route aux coquillages !
Antonio est originaire d’un petit village d’Espagne, Quilos, à côté de Villafranca del Bierzo. Enfant, Antonio a toujours vu des pèlerins passer au village ayant pour destination St-Jacques de Compostelle. Il se disait qu’un jour, lui aussi, il ferait ce chemin. C’est finalement à 46 ans et avec deux copains, Antonio et Gérard, aussi originaires d’Espagne et de la région lyonnaise, qu’il décide de faire un bout du chemin du 7 au 15 août. Justement, à partir de son village, en Espagne. 300 kilomètres de marche jusqu’à destination. « C’est la partie où tous les chemins se rejoignent et c’est également le tronçon le plus joli », explique t-il.
Mais pourquoi cette année et pas une autre ?
« Ce n’est pas que je sois très religieux, mais cette année j’ai vécu pas mal d’épreuves et vécu des transitions personnelles. J’ai divorcé il y a 4 ans, j’ai changé de boulot, j’ai perdu ma maman, j’ai eu des petits ennuis de santé. Je voulais avoir un moment pour me retrouver ». Alors pourquoi pas marcher.
« C’est un effort physique. Mais pendant les 7 à 8h de marche par jour, malgré la douleur, les ampoules, la fatigue, le sac-à-dos pas très bien fait, cela a été une façon de me libérer. J’en ai profité pour parler avec moi-même. C’est une expérience que je conseille à tout le monde», confie Antonio.
St-Jacques de Compostelle, ne se fait pas non plus à l’arrache. Il faut un minimum de préparation. Même si Antonio a bien géré la partie nuit. Réservation des auberges pour ne pas se retrouver à la rue le soir, il regrette de ne pas avoir mieux organisé sa préparation de sac-à-dos par exemple. « Une personne, rencontrée sur le trajet, s’est retrouvée démunie un soir, sans logis, nous l’avons dépanné et cédé le lit d’un de mes amis qui a arrêté la marche avant la fin ». C'est aussi ça le chemin de St-Jacques, l’entraide entre les marcheurs.
Un chemin pour tous. « J’ai rencontré des gens de toutes les nationalités. Des américains, dominicains, des colombiens, beaucoup de français et d’espagnols. Et tout le monde s’entraide ».
Et beaucoup de générosité. Faire le chemin a été bénéfique pour Antonio. Des souvenirs et des anecdotes, il en a plein la tête. « J’avais réservé une nuit dans une auberge. Mais en arrivant à l’adresse indiqué sur internet, je me retrouve face à un immeuble détruit. L’adresse avait changé. Donc on est allé au Monastère de Samos, mais plus de place. J’ai donc réservé un airbnb dans les terres. La personne est venu nous chercher où on était. Le lendemain matin, elle nous a ramenés au point de la veille pour continuer notre pèlerinage. Au moment de la payer, j’ai pris de l’argent de notre cagnotte à nous trois. Elle a alors pensé que je piochais dans nos économies de fin de chemin. Elle n’a pas voulu que l’on paye et nous a proposé de payer l’année prochaine. J’ai bien évidemment insisté pour payer. Mais la solidarité et la confiance m'ont agréablement surpris ».
Qu’est ce qui en reste ?
« Une fois que j’ai passé la porte de St Jacques de Compostelle, j’ai eu le sentiment que ça allait être une renaissance. Un nouveau départ. Avant de faire le chemin, j’avais une fracture de fatigue parce que je courais beaucoup. Mais en rentrant je me suis rendue compte qu’elle était guérie. J’ai aussi découvert le bonheur de se lever tôt et de rencontrer des gens…. Je suis rentré plus serein, j’ai répondu à mes questions par rapport aux changements que je vivais. Je vais mieux démarrer 2022 dans tous les domaines : santé, sentimentalement, professionnellement, religieusement… »
Le refaire ?
« Oui, c’est sûr ! L’année prochaine, j’ai prévu de le faire avec mon fils de 12 ans, la partie française cette fois-ci !!! ».
Buen camino !